Château CISSAC // MELYS

C’est en 1940 que Louis Vialard pris la direction du Château CISSAC, situé en plein coeur du Médoc, entre Saint Estèphe et Pauillac, se consacrant entièrement à la propriété et à son vignoble. Louis Vialard a, depuis quelques années, passé la main à sa talentueuse fille Danielle qui a hérité de son savoir-faire, gardant une approche traditionnelle mais en y ajoutant des touches de modernité. Aujourd’hui, Marie, la petite fille de Louis Vialard suit également le chemin tracé par sa tante.


A l’heure des nouveaux grands questionnements, des dernières angoisses existentielles, des incertitudes de tous bords, voici affichée une précieuse page d’optimisme sincère et riche de sens. Le travail de MELYS consiste en une description objective de notre quotidien, de ces lieux qui portent notre quotidien. Objective car distanciée, non sélective, non orientée, non fermée. Objective, aussi, par sa façon de ne pas se soumettre à la morosité ambiante, à ce sempiternel culte du drame, à ce plaisir ostentatoire de la souffrance, à cette gravité universelle qu’aurait sans doute niée Newton. Pourtant, Mélys peint nos villes, nos usines, nos gares, nos ports. Poésie moderne : Elle écrit d’une main qui pardonne ce qu’il est coutume d’appeler le réel. En effet, rompue à une naturelle compassion, usant d’une large compréhension, elle ne fixe pas le trait, ne réduit pas le caractère, ne scande aucune étroite vérité. Son réel, le nôtre, n’est pas jugé, il est accepté, aimé. L’humain y est omniprésent. Bien que très rarement représenté, il trône, au figuré. Habitable, l’oeuvre de Mélys est une humble invitation. D’intérieurs en extérieurs, dans un aller-retour incessant du proche au lointain, Mélys raconte son enthousiasme, sa curiosité. Sa peinture va chercher la vie à l’endroit même où celle-ci se cache. Il ne s’agit pas d’une gaieté de surface. Mais bien d’une paix profonde qui illumine ses sujets. Voilà tout le talent de cette artiste qui réchauffe, qui anime les choses inertes, rend compte du contenu affectif de nos paysages urbains négligés. Gaie, chaleureuse, humaine, la personnalité entière du peintre Mélys déborde dans ses toiles sans détours. Les couleurs soutenues se disputent la place enviée de guide, le dessin s’adapte audacieusement au seul contour de son regard, la composition reste libre de tout stratagème. La vie s’impose dans le fourmillement de ses détails, la concentration, la répétition, l’accumulation des objets mis en scène. Une puissance tranquille, une force généreuse, chaleur et fraîcheur, à tour de rôle, pansent les plaies de nos errances dans ces lieux pas si communs. Mélys nous invite donc à mieux considérer notre présent et, à ses côtés, nous découvrons un infini de ressources inépuisables. Ainsi, rien n’est perdu.